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Réhabilitation d’une zone de rejet végétalisée

Préservation de la ressource en eau

Usine de traitement des eaux usées d’Aix-en-Provence, les Milles (Bouches-du-Rhône, 13)

Performance : 4 500 000 litres/jour
30 000 habitants
Proximité avec le cours d’eau l’Arc

Maître d’ouvrage : Régie des eaux du Pays d’Aix
Gestionnaire de la station : SUEZ EAU France
Travaux : La Compagnie des Forestiers

Zone de rejet végétalisée d'une station d'épuration

Zone de rejet végétalisée implantée en sortie de la station d’épuration d’Aix-en-Provence Ouest

Accueil / Projets / Préservation de la ressource en eau – Réhabilitation d’une zone de rejet végétalisée – Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône, 13)

Restauration d’une zone de rejet végétalisée

Contexte et objectifs

Malgré les travaux de végétalisation réalisés en 2008, la zone de rejet végétalisée de la station d’épuration d’Aix-en-Provence Ouest n’est plus suffisamment attrayante pour soutenir une biodiversité diversifiée ni pour accueillir le public de manière satisfaisante.

Nous avons pu constater sur le site une présence assez forte du ragondin avec ses grands terriers destructeurs de berges, qui semble apprécier les jeunes pousses d’hélophytes encore en place, ainsi que de la lentille d’eau, qui peut poser des problèmes d’eutrophisation.

Pourtant, en raison de sa proximité avec le cours d’eau de l’Arc, cette zone pourrait jouer un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité et assurer une continuité écologique. La Régie des eaux du Pays d’Aix a souhaité que cette zone humide (rare dans notre région), soit réhabilité.

Proposition

La proposition de réhabilitation que nous avons formulé est construite pour répondre à deux objectifs : recréer un milieu humide fonctionnel et réduire les impacts de rejets sur le milieu récepteur. Ces aménagements permettront aussi de valoriser l’aspect paysager et l’acceptabilité sociale de la station.

Définition : Zone de rejet végétalisée – ZRV (Ouvrage artificiel relevant du génie écologique)

Une zone de rejet végétalisée (ZRV) est définie comme un espace aménagé entre la station de traitement des eaux usées et le milieu récepteur superficiel des rejets des eaux usées traitées. À la différence d’une zone humide naturelle, il s’agit d’un ouvrage artificiel pouvant prendre différentes formes (prairies, bassins et/ou fossés, mares, noues, chenaux méandreux).

Les ZRV permettent notamment de recréer des milieux humides fonctionnels, offrent un environnement propice à la biodiversité, et contribuent dans une certaine mesure à réduire les impacts des rejets sur le milieu récepteur.

Zone de rejet végétalisée eutrophisée

Image © 2024 Airbus 

Restauration d'une zone de rejet végétalisée

Avril 2024 La Compagnie des Forestiers

Toutes premières interventions sur les bassins de lagunage

Restauration d'un bassin de lagunage
Restauration d'une zone de rejet végétalisée
Restauration zone de rejet végétalisée
Restauration d'une zone humide
Remodelage des bassins de lagunage
Préserver la ressource en eau

Des berges remodelées en pentes douces

Les travaux se sont déroulés en plusieurs étapes. Tout d’abord, le terrain est préparé par un terrassement méticuleux. Les berges sont remodelées, des risbermes (talus de protection) sont créées et des connexions entre les bassins sont aménagées afin d’optimiser l’écoulement et la circulation de l’eau. Des seuils de radiers (petits barrages), sont ensuite installés pour réguler le débit de l’eau.

Un refuge pour la faune et la flore

Pour favoriser la biodiversité, une mosaïque d’habitats naturels est créée le long des berges. Des roselières, des saulaies et des mégaphorbiaies (prairies humides) prennent vie, offrant un refuge à une multitude d’espèces végétales et animales. Des plantes hélophytes et hydrophytes sont également implantées, contribuant à l’équilibre écologique du site. Enfin, des arbres et des arbustes viennent compléter ce tableau végétal, apportant ombre et fraîcheur.

Pour parachever l’aménagement, des noues (fossés drainants végétalisés), sont créées. Elles permettent de connecter la zone de rejet végétalisée avec le lit majeur de l’Arc, assurant une transition douce entre les deux milieux.

Restaurer une zone de rejet végétalisée

Zones d’implantation des saulaies, roselières, mégaphorbiaies…

Restauration d'une zone de rejet végétalisée - Création des berges
Profilage des berges des bassins de lagunage

Reprofilage des berges

Réhabilitation d'une zone de rejet végétalisée
Restaurer une zone humide - ZRV

Terrassement des berges

Restauration d'une zone de rejet végétalisée
Bassins de lagunage d'une zone de rejet végétalisée

Création de connexions entre les bassins

Restauration d'une zone de rejet végétalisée - Création d'un seuil
Construction de seuil entre les bassins de lagunage

Construction d’un seuil

Création des berges

Les berges sont remodelées avec des pentes douces, favorisant l’implantation de la végétation et la circulation de la faune.

Cette conception, avec un rapport hauteur/longueur de 1/2 à 1/5, permet un accès facile pour leur entretien. De plus, cela prévient l’érosion et permet la création de différents milieux, avec des zones sèches en haut de la berge, des milieux humides en transition le long de la pente douce, et des zones aquatiques au centre de la mare.

Réalisation de berges en pentes douces

Terrassement des berges et création d’ilôts

Réalisation de risbermes

La réalisation de risbermes est une étape importante dans la restauration d’un écosystème. Il s’agit de plateformes de terre installées le long des berges pour créer des zones de transition entre l’eau et la terre.

Les risbermes peuvent être construites à partir de différents matériaux tels que la terre, le gravier ou le sable. Elles permettent de filtrer l’eau qui s’écoule de la terre vers l’eau et de créer des zones humides propices à la biodiversité. Elles sont également plantées avec des végétaux adaptés tels que les roseaux, les joncs ou les carex.

Plantation des risbermes

Les risbermes sont des talus de protection

Réutilisation des matériaux

Pour recréer les pentes et les risbermes ainsi que les avancées dans les bassins, nous avons réutilisé les matériaux du site. En fonction de la qualité de ces matériaux, nous avons rajouté de la terre végétale sur la couche superficielle pour la reprise des végétaux.

Nous mettons également en place quelques blocs d’enrochement sur les berges pour multiplier les zones d’abris pour la faune.

La création de différents habitats autour des bassins permettra d’attirer principalement les odonates (libellule), les amphibiens et l’avifaune (oiseaux).

Réhabilitation d'une zone de rejet végétalisée

Création d’une avancée dans le bassin 

Création de connexions entre les bassins

Succession de bassins de lagunage - Connexion

Diversifier les habitats écologiques

Pour diversifier les habitats écologiques, nous avons varié les profondeurs et la végétation. Nous avons également connecté les bassins entre eux pour favoriser l’équilibre de l’écosystème. Des seuils ont été construits sous forme de cascades ou de radiers avec une légère pente. Cela permet de réguler le débit de l’eau, favorise son oxygénation et crée des zones de turbulence propices à la création d’habitats pour la faune.
Ces seuils nécessiteront une surveillance pour éviter les obstructions, notamment pendant les saisons automnales. Il a également été important de favoriser les écoulements à travers différents substrats au fond des ouvrages (galets, graviers, boues…).

Restauration d'une zone de rejet végétalisée - Connexion des bassins

Nous avons constaté un différentiel d’altimétrie de 50 cm entre les bassins sud et nord. Il nous a fallu relever le premier bassin de 20 à 25 cm pour avoir une différence de hauteur d’eau entre chaque connexion

Diversifier les habitats écologique sur une zone humide

Création d’un seuil

Création des roselières

Afin de créer différentes roselières, nous avons fait le choix de planter des zones végétales monospécifiques : Phragmitaie, Glyceria et Caricaie. En effet, les retours d’expérience montrent que seules les espèces dominantes poursuivent leur développement ; il est donc préférable de prévoir plusieurs secteurs de taille moyenne de plantation mono-espèces plutôt qu’un seul secteur de grande taille planté de plusieurs espèces.

Phragmites australis - Étang de Courthézon

Phragmites australis – Étang Salé de Courthézon (84, Vaucluse) – Réalisation d’un cheminement sur pieux battus vers un observatoire

Les roselières attirent une faune remarquable

Elles créent des zones d’abri, de ponte ou de cachette pour de nombreuses espèces animales telles que les insectes, les amphibiens, les oiseaux, etc. Elles constituent ainsi des habitats riches en ressources alimentaires, indispensables notamment pour les oiseaux paludicoles (qui vivent dans les marais et les marécages).

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En faisant appel à La Compagnie des Forestiers vous vous assurez de réaliser des travaux en phase avec vos préoccupations environnementales.

Des avancées en mégaphorbiaies

Dans le but de diversifier le milieu par différentes strates de végétation, les avancées dans les bassins ont été semées avec un mélange prairial adapté aux zones humides.

Nous travaillons avec un fournisseur qui privilégie le prélèvement en milieu naturel afin de garantir la reprise et l’adaptation des végétaux. Ce choix favorisera l’attraction des pollinisateurs tels que les abeilles, les papillons et les odonates (libellules).

Confortement de berge en génie végétal

Des mégaphorbiaies pour stabiliser une Digue : Carrière Lafarge Granulat Sud – Cavaillon (Vaucluse, 84) – Chantier réalisé en 2012

Plantation de saulaies

La plantation de boutures de saules permet de créer différentes saulaies avec différentes espèces allant de l’arbustif à l’arboré. Les boutures ont été prélevées au plus proche de la zone de travaux afin de faciliter leur reprise. Les racines de saules ont la capacité d’absorber les nitrates.

Une bande de plantations arbustive à arborée sera réalisée sur la berge sud des bassins pour participer à l’ombrage et éviter ainsi un trop gros développement des lentilles.

Génie végétal, restauration de cours d'eau, saulaie arbustive

Une saulaie au bord d’un cours d’eau

Les végétaux

Tous nos végétaux sont contrôlés et mis en jauge dès leur réception et ce jusqu’à leur plantation. Ils sont au maximum originaire du bassin méditerranéen.

Un échalas est positionné sur chaque plant en godet forestier afin de pouvoir les repérer lors des futurs entretiens du site.

Pour les baliveaux, un tuteur monopode est positionné en biais et fixé à l’aide d’une bande coco.

Des hydrophytes ont été plantés pour diversifier la végétation dans certaines zones.

Génie végétal - Mise en jauge

Mise en jauge des plantes – Végétaux prévus pour la création d’une lône en compensation du renforcement de la digue Arles/Tarascon – Chantier réalisé pour le Symadrem 2019/2020

La connexion avec le milieu naturel

Préserver des continuités écologiques terrestres et aquatiques

Pour parachever l’aménagement, des reconnexions avec le milieu naturel sous forme de noues ont été réalisées pour chaque groupe de bassins. Cela représente trois reconnexions végétalisées, formant chacune un corridor écologique entre les bassins et le lit majeur de l’Arc.

Réalisation d'une noue en sortie de zone de rejet végétalisée
Réalisation d'une noue en sortie de zone de rejet végétalisée

La création de ces noues réalisées entre la zone de rejet et le fleuve côtier Arc permet de créer de véritables corridors écologiques.

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Réalisation d'une noue en sortie de zone de rejet

Les lentilles d’eau s’évacuent dans la noue et sont bloquées par un filtre de matières en suspension.

L’une des trois noues réalisées entre la zone de rejet et le fleuve côtier Arc.

Créer une noue à la sortie d'une zone de rejet végétalisée
Réalisation d'une noue à la sortie d'une ZRV

Une faune déjà bien présente sur le site

Tortue de Floride

Tortues de Floride, ragondins, batraciens, lézards, hérons et même des carpes !

Gestion des espèces envahissantes

Le ragondin est particulièrement problématique ici, notamment pour protéger les jeunes pousses d’hélophytes que nous avons plantées, ainsi que pour le maintien des berges.

Un piégeage a déjà été réalisé mais sans grand succès. Si nécessaire, celui-ci sera renouvelé pendant trois semaines deux fois par an.

Présence du ragondin sur la zone de rejet végétalisée
Présence du héron autour de la zone de rejet végétalisée

Création d’habitats favorables à la faune

En plus de la création d’habitats naturels pour la faune le long des berges (roselières, saulaies, mégaphorbiaies), nous avons donné carte blanche à notre équipe pour créer des gîtes pour les reptiles, les insectes, etc., à l’aide des derniers matériaux inutilisés sur le site. Rien ne se perd !

Création de gîtes pour la faune
Ouvrages favorables à l'avifaune
Création de gîtes à reptiles

L’entretien d’une zone de rejet végétalisée

Les plantes ne captent pas les matières en suspension (MES) ni le carbone contenu dans les eaux usées traitées. En revanche, leur décomposition dans la zone de rejet génère de nouvelles MES chargées en carbone biogénique (carbone fixé par la plante suite à la photosynthèse à partir du CO2 de l’air). C’est pourquoi il est important de récolter les végétaux flottants et de faucarder annuellement les végétaux enracinés.

Les végétaux enracinés peuvent faciliter la sédimentation des MES et diminuer le développement des algues filamenteuses. La gestion de la végétation des berges et des abords sera réalisée à l’automne (faucardage avec export des végétaux, élagage des arbres et arbustes).

Nous profiterons de la période d’entretien pour former le personnel permanent de la station. Il est également possible d’envisager l’entretien complet des espaces verts du site dans cet esprit de préservation de la biodiversité, en privilégiant le fauchage tardif en fin de fenaison, avant la période de risque d’incendie, pour favoriser la nidification des oiseaux, la pollinisation, la protection de la microfaune et la diversification de la flore.

Comment entretenir une zone de rejet végétalisée ?

Démarré en février 2024, ce chantier a pris fin au mois d’avril avec la plantation des toutes dernières plantes hélophytes. Un contrat d’entretien a été conclu pour les trois prochaines années.

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ou par téléphone au :
04 42 92 83 24

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